Mesdames, Messieurs, chers membres, chers partenaires, et je crois que l’on peut dire chers amis,

Je suis ravi de vous accueillir – au nom du bureau de l’EBAA France – pour notre soirée annuelle qui est l’occasion de nous retrouver, de dresser un bilan de l’année écoulée et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’avenir. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tenais à remercier les partenaires de la soirée : Dassault Aviation, JSSI, Signature Aviation et Collins Aerospace.

Dans un contexte de réflexion approfondie sur l’avenir du transport aérien en France, l’EBAA France souhaite saluer l’appel de la FNAM en faveur d’une nécessaire inflexion de la politique française du transport aérien. Une inflexion indispensable pour concilier performance économique, équité fiscale et ambition environnementale.

Dès le début de l’année 2025, l’EBAA France a réaffirmé sa position concernant l’évolution de la taxe de solidarité sur les billets d’avion, en amont de la commission mixte paritaire du 30 janvier. Les travaux menés au Sénat ont permis des avancées importantes, en contribuant à limiter une hausse initialement envisagée qui apparaissait largement excessive au regard des réalités et des capacités de notre secteur. Nous remercions à ce titre tout particulièrement le sénateur Vincent Capo-Canellas pour son écoute active et ses propositions d’amendements en faveur de l’aviation d’affaires.

L’EBAA France est pleinement consciente des enjeux budgétaires et environnementaux auxquels le Gouvernement est confronté. Dans cet esprit de responsabilité partagée, nous souhaitons poursuivre un dialogue constructif avec les pouvoirs publics. — pause courteNous réaffirmons toutefois un point essentiel : l’aviation d’affaires ne doit pas faire l’objet d’un ciblage spécifique et disproportionné dans les décisions budgétaires à venir.

La position que nous continuerons de porter tout au long de l’année 2026 repose sur des principes clairs et constants : d’abord, une harmonisation de la taxation du secteur ; ensuite, une véritable équité fiscale entre les entreprises françaises et étrangères ; la lutte contre le transport public de illégal  de passagers et le maintien des points de passages frontaliers avec bien entendu la réouverture des 35 qui ont été fermés entre 2011 et 2016 sans aucune concertation avec le secteur) .

Enfin nous souhaiterions une affectation claire des recettes fiscales aux projets de décarbonation du transport aérien.

Sur ce dernier point, il est important de rappeler que notre secteur est déjà pleinement engagé dans sa transition environnementale. Les opérateurs, les constructeurs et les exploitants – que vous représentez – investissent activement pour réduire leur empreinte carbone, notamment à travers l’incorporation croissante des carburants d’aviation durables, les SAF, mais aussi par l’optimisation des opérations, le renouvellement des flottes avec des avions moins bruyant, des consommations plus faibles et l’innovation technologique.

Vous le savez, ces efforts doivent se poursuivre et s’amplifier. Pour cela, l’EBAA France appelle à un déploiement plus large des carburants durables dans davantage d’aéroports, sur l’ensemble du territoire. Il est également essentiel que leur prix reste abordable, afin de permettre une adoption massive et durable par les opérateurs et leurs clients.

Mais ces objectifs ne pourront être atteints sans un engagement sincère et sans dogmatisme de la sphère politique. C’est encore un combat que l’EBAA France portera en votre nom tout au long de l’année.

Parallèlement, l’aviation d’affaires se projette résolument vers l’avenir. Le secteur est engagé dans le développement de technologies de rupture, notamment les avions à propulsion électrique et à hydrogène, qui représentent des perspectives majeures pour la décarbonation à moyen et long terme.

À ce titre, nous sommes particulièrement fiers de compter parmi nos membres la société Beyond Aero, entreprise française innovante engagée dans le développement d’un avion à hydrogène destiné à l’aviation d’affaires. Cet avion du futur, d’une capacité de 6 à 8 passagers et doté d’un rayon d’action d’environ 1 500 kilomètres, illustre concrètement le dynamisme du secteur et sa capacité à proposer des solutions technologiques ambitieuses, réalistes et adaptées aux besoins de mobilité des territoires.

L’EBAA France soutient pleinement ces programmes de recherche et d’innovation, et appelle – là encore – à la mise en place d’un cadre réglementaire, industriel et infrastructurel favorable, permettant l’émergence, la certification et le déploiement progressif de ces aéronefs du futur.

Mais au-delà des enjeux fiscaux et environnementaux que je viens de dépeindre, nous continuerons également de rappeler l’utilité stratégique de l’aviation d’affaires. Complémentaire de l’aviation régulière, notre secteur joue un rôle déterminant dans la connectivité du territoire national et Européen. L’aviation d’affaires permet de relier jusqu’à quatre fois plus de destinations, contribue au désenclavement des territoires, favorise l’implantation et le développement des entreprises en région, et soutient l’emploi, dont près de 25 % des emplois européens du secteur sont localisés en France.

L’aviation d’affaires est également un acteur clé des missions d’intérêt général, notamment le transport sanitaire et les vols liés aux greffes d’organes, plus de 1500 vols pour les organes chaque année en France, qui représentent 10 % de notre activité.

Avant de conclure, je souhaite souligner que l’année écoulée a été particulièrement intense pour le bureau de l’EBAA France et je remercie l’implication de chacun. Ce travail soutenu a permis de renforcer significativement notre action et notre communication, grâce à l’accompagnement de l’agence GroupExpression, que nous remercions aussi.

En 2025, ces actions ont conduit à la publication de 105 articles de presse, dans la presse écrite, ainsi que par des citations radio et télévisées. Ces retombées trouvent leur origine principalement dans les six communiqués de presse diffusés par l’EBAA France, visant à éclairer le débat public et à faire entendre la voix de notre secteur dans un contexte parfois réducteur.

Par ailleurs, grâce à l’appui de Fabien Corfa, que je souhaite remercier, l’EBAA France a pu multiplier les échanges institutionnels avec de nombreux sénateurs et députés, ainsi qu’avec les ministères et l’administration française.

Ces échanges réguliers et approfondis avec la Direction Générale de l’Aviation Civile ont été particulièrement constructifs. Ils ont permis un travail de fond sur de nombreux sujets, tout au long de l’année 2025, notamment avec la direction du transport aérien, dans un esprit de dialogue, de compréhension mutuelle et d’efficacité.

Nous avons à ce titre le plaisir d’accueillir ce soir Monsieur Chems Chkioua, directeur général de l’aviation civile, Monsieur Marc Borel, directeur de la DTA, Monsieur Emmanuel Vivet, son adjoint, ainsi que le service des études statistiques, représenté par Monsieur Pierre Girard. Nous les remercions très sincèrement pour leur présence et pour la qualité de notre collaboration qui a permis de faire mieux connaître notre secteur et ses métiers.

Pour conclure, nous sommes particulièrement heureux de constater le dynamisme de notre association, qui rassemble aujourd’hui plus de 80 membres engagés en faveur d’une aviation d’affaires responsable, innovante et utile aux territoires.

Nous souhaitons remercier chaleureusement les nouveaux membres qui nous ont rejoints en 2025 : les opérateurs Jetfly, SD Aviation et VistaJet, le constructeur Bombardier, ainsi que 4 Air, Aero Capital, AVIA VIP Aéroport de Melun Villaroche, Aéroport du Castellet, KG Aircraft Consulting, Lunajets France, Signature Aviation.

Leur arrivée renforce la représentativité de l’EBAA France et témoigne de la confiance accordée à notre action collective.

En ce début d’année, l’EBAA France réaffirme sa volonté de poursuivre engagé depuis maintenant près de deux ans par le bureau. Ce travail se poursuivra donc aux côtés de l’ensemble de ses membres et des pouvoirs publics, de la Direction Générale de l’Aviation Civile dans un dialogue constructif et ambitieux.

Je vous remercie de votre attention et avant de passer la parole à Pascal de Izaguirre, président de la FNAM et de Corsair.

Je vous adresse à toutes et à tous nos meilleurs vœux pour l’année 2026 !

Charles Aguettant