French business aviation is often reduced to a caricature. It is portrayed as marginal, sometimes even dispensable, at a time when the country is questioning its economic model, its territorial cohesion, and its environmental commitments. This perception no longer reflects reality, and it is high time to reframe the debate around business aviation.
Behind the clichés lies a sector deeply embedded in the fabric of the French economy. Business aviation is not a luxury reserved for a few ; it is a working tool. Every day, it enables medical evacuations, emergency repatriations, and critical missions requiring speed and flexibility. It allows companies, from large groups to SMEs, to connect decision-making centers with production sites, often in regions underserved by commercial aviation, sustaining industrial activity, local employment, and regional attractiveness.
This is what EBAA France means by an “aviation of territories.” A sector that does not compete with commercial aviation but complements it, ensuring continuity where other modes fall short. In a country like France, where economic vitality depends on the strength of its regions, this role is not secondary. It is strategic.
At the same time, the sector is fully aware of its responsibilities. The ecological transition is already underway. Operators are investing in fleet renewal, deploying more efficient aircraft, and accelerating the use of SAF, sometimes beyond European targets. Work with airport partners is also advancing electrification of ground operations and reducing emissions across the value chain.
But these efforts cannot succeed in isolation. The development of a robust SAF industry, infrastructure modernization, and innovation all depend on a coherent and supportive policy environment. Public authorities have a decisive role to play, not to shield the sector, but to enable it.

This is the spirit in which EBAA France engages with policymakers. During discussions on the French Finance Bill 2025, we highlighted a clear risk: disproportionate taxation could weaken a sector that contributes directly to national and regional economic performance. The objective is not to oppose regulation, but to ensure it is balanced and aligned with shared goals.
Reconsidering business aviation means moving beyond shortcuts. It means recognizing a sector that connects, supports, innovates, and transforms, one that holds a legitimate and necessary place within the broader mobility ecosystem.

The conversation must evolve. And it must start now.

By Charles Aguettant, president EBAA France

Naviguer dans l’aviation d’affaires en France : il est temps d’une reconnaissance équitable

Par Charles Aguettant, Président d’EBAA France

L’aviation d’affaires française est trop souvent réduite à une caricature. Elle est présentée comme marginale, parfois même superflue, à un moment où notre pays s’interroge sur son modèle économique, sa cohésion territoriale et ses engagements environnementaux. Cette perception ne reflète plus la réalité, et il est temps de rééquilibrer le débat autour d’un secteur souvent mal compris.

Derrière les clichés se cache un secteur profondément ancré dans le tissu économique français. L’aviation d’affaires n’est pas un luxe réservé à quelques-uns ; c’est un outil de travail. Chaque jour, elle permet des évacuations médicales, des rapatriements d’urgence, des missions critiques et une flexibilité essentielle. Elle permet aux entreprises — des grands groupes aux PME — de connecter des sites industriels parfois éloignés des lignes commerciales, soutenant ainsi l’emploi, l’activité industrielle et l’attractivité régionale.

C’est ce qu’EBAA France appelle une « aviation des territoires ». Un secteur qui ne concurrence pas l’aviation commerciale mais la complète, en garantissant la continuité là où d’autres modes de transport échouent. Dans un pays comme la France, où la vitalité économique dépend de la solidité de ses régions, son rôle n’est pas secondaire : il est stratégique.

Dans le même temps, le secteur est pleinement conscient de ses responsabilités. La transition écologique est déjà engagée. Les opérateurs investissent dans le renouvellement des flottes, le déploiement d’avions plus performants et l’accélération de l’utilisation du SAF (carburant d’aviation durable), parfois au-delà même des objectifs européens. Le travail avec les partenaires aéroportuaires fait également progresser l’électrification des opérations au sol et la réduction des émissions sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Mais ces efforts ne pourront réussir de manière isolée. Le développement d’une filière SAF solide, la modernisation des infrastructures et l’innovation dépendent tous d’un cadre politique cohérent et favorable. Les pouvoirs publics ont un rôle décisif à jouer : non pas pour protéger le secteur, mais pour lui permettre d’agir.

C’est dans cet esprit qu’EBAA France échange avec les décideurs publics. Lors des discussions autour du projet de loi de finances 2025, l’association a souligné un risque clair : une taxation disproportionnée pourrait fragiliser un secteur qui contribue directement à la performance économique nationale et régionale. L’objectif n’est pas de s’opposer à la régulation, mais de veiller à ce qu’elle soit équilibrée et alignée avec les objectifs communs.

Reconsidérer l’aviation d’affaires, c’est dépasser les raccourcis. C’est reconnaître un secteur qui connecte, soutient, innove et transforme ; un secteur qui a toute sa place, légitime et nécessaire, dans l’écosystème global de la mobilité.

Le débat doit évoluer. Et cela doit commencer maintenant.